31/03/2017

A Bouillon, l'abbaye de Cordemoy va fermer ses portes

À Bouillon, l’abbaye de Cordemoy rend l’âme À Bouillon, l’abbaye de Clairefontaine va fermer. En cause, « de graves tensions dans la communauté ». L’Ordre et Rome ont décidé. Une abbaye qui ferme, c’est un lieu de sérénité qui disparaît. Et quand on parle de Cordemoy, il y a un pan d’histoire qui s’évanouit à Bouillon. Fille de la Semois, la communauté occupait un couvent, véritable havre de paix. La nouvelle va en attrister plus d’un dans le monde religieux, mais aussi touristique. … Le texte signé par l’Ordre cistercien concerne 21 religieuses, 10 étaient déjà dans d’autres monastères. Onze moniales sont toujours sur place. La communauté de contemplatives accueillait des groupes, un petit magasin d’articles monastiques, de livres religieux, de peintures sur soie et céramiques. Fabriquait aussi des biscuits. Destination bucolique, l’abbaye a été construite de 1930 à 1935. Elle continuait la tradition de l’ancienne abbaye de Clairefontaine près d’Arlon. Comme à Orval, les plans furent dessinés par l’architecte Henri Vaes. À l’heure actuelle, personne ne se prononce sur un futur des bâtiments.)

Unknown-1.jpeg

Unknown.jpeg

images.jpeg

04/03/2017

J'appelle féminin... Christiane Singer, 10 ans déjà...

« J’appelle féminin cette qualité que la femme réveille au cœur de l’homme, cette corde qui vibre à son approche. J’appelle féminin le pardon des offenses, le geste de rengainer l’épée lorsque l’adversaire est au sol, l’émotion qu’il y a à s’incliner. J’appelle féminin l’oreille tendue vers l’au-delà des mots, l’attention qui flotte à la rencontre du sens, le palpe et l’enrobe. J’appelle fémi- nin l’instinct qui au- delà des opinions et des factions flaire le rêve commun. »

Christiane Singer, « Une Passion. Entre ciel et chair », Espaces Libres, Albin Michel

 

Ndlr. Christiane Singer, femme de lettre Suisse, spirituelle, théologienne, nous a quitté au terme d'un cancer il y a 10 ans.Ses amis organisent des rassemblements et publient des textes inédits.

 

 

12:16 Écrit par webmaster Saint-Martin dans articles de fond | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01/03/2017

Quand l'orgueil prend le pas (élections françaises)

Quand l’orgueil prend le pas – l’édito d’Antoine Nouis
1 MARS 2017 Antoine Nouis 0

Les candidats à l’élection présidentielle semblent sacrifier leur idéal à leur ambition personnelle.

Il y a quelques semaines, Réforme* publiait un article sur l’histoire de Jephté, un Juge du Premier Testament. Avant de partir au combat, il fait le vœu d’offrir en sacrifice la première personne qu’il croisera en rentrant dans son camp si Dieu lui accorde la victoire. Il est vainqueur et la première personne qu’il croise est… sa fille bien-aimée. Lié par son engagement, il va la sacrifier alors qu’il aurait pu être relevé de son vœu imprudent par le grand prêtre. Un commentaire raconte qu’il estimait que c’était au prêtre de venir le trouver, alors que le prêtre pensait l’inverse. Enfermés dans leur orgueil, aucun des deux n’a voulu céder, et la fille a été sacrifiée. Cette histoire me fait penser aux relations entre Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon. Ils sont politiquement proches et, ensemble, ils auraient des chances d’être au second tour, et même de l’emporter, mais ils ne s’uniront pas, car chacun pense que c’est à l’autre de se désister. Si j’étais farouchement de gauche, je serais furieux contre ces candidats qui sacrifient leur idéal sur l’autel de leurs ambitions.

Si j’étais résolument libéral, je serais furieux contre François Fillon. Il prétend détenir sa légitimité du résultat des primaires de la droite et du centre, alors que les électeurs ne l’auraient jamais désigné s’ils avaient alors su ce qu’ils savent aujourd’hui. Sa capacité de ressembler au-delà de son camp est compromise. Le plus sage pour les idées qu’il défend serait qu’il se retire pour laisser la place à un, une, autre, mais il préfère couler avec le navire que de le voir poursuivre sans lui.

Je ne suis ni farouchement de gauche ni résolument libéral, j’essaye modestement d’être théologien. Dans ce registre, le but de la politique n’est pas d’imposer le bien, mais de mettre des barrières à la puissance du mal et d’apporter un peu plus de justice. C’est à partir de ce critère que je choisirai mon bulletin de vote. Le projet peut paraître modeste, mais notre monde a tellement besoin de justice.

 

*= REFORME est le journal hebdomadaire des Protestants Réformés de France

19/01/2017

Homme de Parole - citation de François Cheng

«  Plus tard encore, de par mon expérience heureuse ou douloureuse restituée par ma mémoire, j’apprendrai qu'au-dessus du niveau instinctif du vouloir-vivre se vit chez les humains un vouloir plus élevé, le désir être qui les incite à rejoindre le Désir initial grâce auquel l'univers est advenu.

Ce désir d'être se nourrit de tout ce qui fait le fondement de notre aspiration : l'irrépressible besoin de sensations, d'émotions, de réceptions, de donations et de communion - qu'en réalité un seul mot est capable d’englober : amour – qui a le don de nous entraîner dans un processus de transformation et de transfiguration. « 

 

François CHENG, De l’Ame, Albin Michel.2016.

 

DSCN1503.jpg

@Philippe Vauchel, l'engendrement dans la Veillée de Noël 2016 à Perwez

19:01 Écrit par webmaster Saint-Martin dans articles de fond | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : phrase de françois cheng |  Facebook |

23/12/2016

"Ne nous laissons pas intimider", la réponse d'un pasteur berlinois à la terreur

Marco Pedroli, pasteur de la communauté francophone de Berlin, réagit, dans ce texte, à l'attentat commis lundi 19 décembre sur un marché de Noël de la capitale allemande.

Lorsque cela arrive chez nous, on se sent comme violé, dénudé, impuissant. Jusqu’à présent cela se passait au loin, ailleurs. Dans une autre ville, dans un autre pays, dans des circonstances bien différentes des nôtres. Et voilà que cela a eu lieu devant notre porte, devant une église, un jour, un lieu symbolique. À l’église du Souvenir. Nous nous sentons touchés dans notre chair, dans notre cœur, dans notre intimité.

La tristesse domine bien sûr et nos pensées vont en tout premier lieu aux personnes décédées, à leur famille, à tous ces projets de vie qui prennent fin, là, sans raison. Nous en sommes consternés, figés et abattus. C’est incompréhensible. Quelle douleur, quel malheur ! Comment pourrons-nous fêter Noël cette année ?

Puis il y a la peur face à cette folie meurtrière qui pourrait frapper demain encore au cœur de notre cité. Mais est-ce vraiment une folie, ou un calcul démoniaque qui nous laisse démunis, nus et vulnérables. La révolte enfin, tous les "pourquoi", les cris d’impuissance et d’incompréhension, face à la mort de ces innocents, qui étaient là par hasard et qui n’avaient aucune raison de mourir en ce 19 décembre 2016.

 

La réponse de Noël

 

Les réactions n’ont pas tardé. Entre ceux qui savent pourquoi cela s’est passé et ceux qui savent comment éviter que cela se répète, ceux qui veulent se débarrasser des réfugiés et ceux qui accusent la chancelière et sa générosité, ceux qui prônent des solutions simplistes et sécuritaires et ceux qui pensent que c’est par hasard… mais personne n’apaisera la douleur des proches.

Malgré tout cela, ne nous laissons pas intimider. Ni par ceux qui commettent des attentats, ni par ceux qui prônent une sécurité à étouffer la vie. Berlin doit rester une ville ouverte, où peuvent vivre ensemble des hommes, des femmes de toutes provenances, de toutes religions, de toutes opinions. Ce que la ville a acquis en liberté, la qualité de la cohabitation et cette possibilité offerte à chacun de vivre selon sa philosophie, son orientation sexuelle, sa religion, son rythme doivent rester plus forts que la menace, la terreur et la violence. Ne permettons pas que cette liberté et cette cohabitation soient sacrifiées au nom de la sécurité, de la norme et de l’exclusion.

Ne nous laissons pas intimider. C’est aussi la réponse de Noël face à la peur et à la violence, face au massacre des innocents et aux contrôles obsédants. Noël porte une lumière d’espérance et de confiance à nos corps meurtris, au cœur de notre nuit et de notre désarroi. La réponse est bien sûr faite de fragilité et de faiblesse, mais elle nous invite à surmonter l’anonymat de la grande ville et à nous ouvrir, à parler, à partager et à témoigner là où nous le pouvons d’une solidarité et d’une proximité renouvelée.

 

berlin-attentats.png

Source: Journal protestant français voir: @Réforme.net

21/12/2016

Un beau conte de Noël qui est une histoire vraie...

FRANCE

Une vibrante haie d’honneur pour un prof partant à la retraite….

 

Alain Donnat, professeur d’éducation physique et sportive pendant 38 ans dans un collège français, a eu droit à une sacrée sortie la semaine dernière. Un départ à la retraite qu’il n’oubliera pas de sitôt.

Le professeur retraité n’avait rien vu venir. Les élèves du collège Paul-Fort à Is-sur-Tille (près de Dijon) se sont rassemblés dans les couloirs pour lui rendre hommage, lors de son dernier jour de cours, vendredi dernier.

Et c’est une véritable haie d’honneur à laquelle a eu droit Alain Donnat. Le professeur n’a pu retenir son émotion.

«J’ai vu tous les élèves du collège qui faisaient une haie d’honneur, c’était un truc énorme. Je me suis dit " Qu’est-ce que je fais? Est-ce que je continue d’avancer? Est-ce que je recule?’ Ça me semblait long, très long, je croisais des regards d’enfants qui pleuraient. J’étais obligé de pleurer aussi»,

confie-t-il à nos confrères de France Bleu.

Estomaqué, il n’a rien trouvé à dire. Les grands discours ne sont pas dans sa nature. Quelques petits gestes vers les élèves ont suffi à les remercier.

La vidéo de ce beau moment a été mise en ligne par la femme du professeur sur sa page Facebook, accumulant déjà plus de 600.000 vues. Et on imagine de nombreux enseignants souhaitant une sortie pareille à la fin de leur carrière.

 

(NDRL:@Newslette de l’avenir du 21/12/2016… voir sur internet la vidéo….)

12/11/2016

VOUS N'AUREZ PAS MA HAINE - Antoine Leiris

Antoine Leiris – 16 novembre 2015

Extrait de «Lettre à ma femme et à ses assassins»

 

«  Vendredi soir vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils mais vous n’aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir, vous êtes des âmes mortes. Si ce Dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a faits à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son cœur.

Alors non je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant mais répondre à la haine par la colère ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Vous voulez que j’aie peur, que je regarde mes concitoyens avec un œil méfiant, que je sacrifie ma liberté pour la sécurité. Perdu. Même joueur joue encore.

Je l’ai vue ce matin. Enfin, après des nuits et des jours d’attente. Elle était aussi belle que lorsqu’elle est partie ce vendredi soir, aussi belle que lorsque j’en suis tombé éperdument amoureux il y a plus de 12 ans. Bien sûr je suis dévasté par le chagrin, je vous concède cette petite victoire, mais elle sera de courte durée. Je sais qu’elle nous accompagnera chaque jour et que nous nous retrouverons dans ce paradis des âmes libres auquel vous n’aurez jamais accès.

Nous sommes deux, mon fils et moi, mais nous sommes plus forts que toutes les armées du monde. Je n’ai d’ailleurs pas plus de temps à vous consacrer, je dois rejoindre Melvil qui se réveille de sa sieste. Il a 17 mois à peine, il va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours et toute sa vie ce petit garçon vous fera l’affront d’être heureux et libre. Car non, vous n’aurez pas sa haine non plus. « 

 

@ L’Avenir -BW.12/11/2016.

Ndrl. Au moment où nos paroisses achèvent l'Année de la Miséricorde voulue par le Pape François, voici un très beau témoignage d'une victime des attentats du Bataclan à Paris l'an dernier.

13 novembre 2015 - 13 novembre 2016: Comment faire mémoire du drame et maintenir l'espérance dans la Vie et le dialogue avec les Musulmans de bonne volonté qui vivent parmi nous ? Evitons de les associer à ces jeunes terroristes fanatisés par des maîtres à penser cachés en Syrie ou ailleurs... et qui détestent notre société pluraliste et ouverte... @ Y.A.